Biondi Santi

L’histoire du domaine Biondi Santi commence avec Clemente Santi (neveu de Giorgio Santi, médecin diplômé, passionné de botanique et de géologie, qu’il enseigna, qui fut nommé à la tête de diverses institutions académiques entre la fin du 18ème siècle et le début du 19ème), un pharmacien propriétaire de plusieurs terrains à Montalcino et à Pienza qui consacra beaucoup de temps à l’agriculture et plus particulièrement à un domaine viticole nommé Greppo, qui appartenait à sa mère.

Sa connaissance des sciences et de la chimie firent de lui un apprenti rapide et ses vins rencontrèrent un certain succès (son Moscatello reçut un prix à l’Exposition Universelle de Paris en 1867). Il avait de l’avance sur ses pairs de par sa maîtrise des vieillissements en fûts, qui le mena à création d’un vin rouge de grande qualité qui deviendra le Brunello.

Il transmit sa passion à son gendre, Ferruccio Biondi (fils d’un médecin florentin, il ajouta par la suite Santi à son nom de famille en hommage à son beau-père), qui mit en places des critères qualitatifs jugés extrêmes pour l’époque et fut le seul vigneron à continuer la production de Brunello une fois la première guerre terminée.

Alors que la plupart des vignerons produisaient des vins à boire jeune, afin de tirer un maximum de profits des nouvelles vignes qu’ils venaient de planter suite aux ravages du phylloxéra, Ferruccio Biondi-Santi prit la décision de vinifier un 100% sangiovese destiné à une longue garde en cave. Il décéda en 1917, puis fut reconnu comme l’inventeur du Brunello par une commission interministérielle en 1932.

Son fils Tancredi, né en 1893, étudia l’œnologie puis l’agronomie à l’université et poursuivit l’exploitation du domaine Greppo à la mort de son père. Dès le début dès années 1920, il positionna le Brunello comme l’ambassadeur de la région de Montalcino et commença rapidement à l’exporter, notamment aux Etats-Unis.

Il s’intéressa également à compléter les anciens millésimes dont le niveau baissait; des bouteilles des réserves 1888 et 1891 ont été mises à niveau en 1927, puis à nouveau en 1970, à la fin de sa vie (cette fois en compagnie des réserves de 1925 et 1945)! Les propriétaires de réserves datées entre 1945 et 1983 ont la possibilité d’aller les faire mettre à niveau au domaine lors de la « Ricolmatura », dont la prochaine aura lieu en 2013 (voir le site officiel pour plus d’informations).

C’est aujourd’hui le fils de Ferruccio, Franco Biondi Santi, qui dirige le domaine. Œnologue de formation, il a porté le nombre d’hectares cultivés de 4 à 25, dont les vignes ont été plantées entre 1930 et 1970 puis en 1988, 2000 et 2004 sur un sol pauvre clairsemé de pierres.

Biondi Santi Rosso di Montalcino DOC est tiré des jeunes vignes du domaine (de 5 à 10 ans) et vieilli douze mois en fûts de chêne slovène. Millésime dégusté : 2007

Biondi Santi Rosso di Montalcino DOC Fascia Rossa est réalisé à partir de vin qui n’est pas retenu pour la création du Brunello, et donc de vignes âgées d’au moins dix ans et affiné durant douze mois en fûts de chêne slovène. On reconnaît ce vin à la bande rouge qui est placée en travers de son étiquette.

Biondi Santi Brunello di Montalcino DOCG est tiré de vignes âgées entre dix et vingt-cinq ans et affiné durant 36 mois en fûts de chêne slovène, tout comme le Biondi SantiBrunello di Montalcino DOCG Riserva, qui lui est produit uniquement lors de certains millésimes et à partir de vignes âgées d’au moins vingt-cinq ans.

Un rosé voit également le jour au domaine, dont le site officiel vaut le détour.

Selvapiana

Des vestiges du Moyen-âge sont visibles sur les terres de Selvapiana, domaine de renom situé entre Rufina et Pontassieve (au nord-est de l’appellation Chianti),  où de nouveaux bâtiments firent leur apparition durant la Renaissance, agrémentant ce qui fut longtemps une résidence d’été des évêques florentins.

Selvapiana entra dans l’ère moderne en 1827 lorsqu’elle fut achetée par Michele Giuntini Selvapiana, dont la cinquième génération dirige aujourd’hui ce domaine de 240 hectares (dont 45 de vigne).

Un peu plus de 200’000 bouteilles y sont produites chaque année, réparties sur une gamme de quatre vins élaborés de manière traditionnelle sous le regard du consultant historique du domaine, Franco Bernabei :

Le Selvapiana Chianti Rufina représente près de 60% de la production du domaine. Quelques pourcents de canaiolo viennent généralement compléter le sangiovese dans ce vin vieilli en partie en cuves inox (30%), en tonneaux de chêne (50%) et en barriques (20%).

Le Selvapiana Chianti Rufina Riserva Bucerchiale est tiré de la vigne du même nom depuis 1979. Ce 100% sangiovese est l’un des meilleurs vins de l’appellation Rufina.

Le Selvapiana Fornace est le vin le plus rare du domaine (environ 5’000 bouteilles sont produites) depuis son premier millésime en 1993 (l’assemblage a évolué, ce vin étant au départ classé comme un Chianti Rufina). Le cabernet sauvignon et le merlot rejoignent le sangiovese dans un assemblage qui passe 15 mois en barriques (30% de barriques neuves).

Le Selvapiana Vinsanto est un assemblage de trebbiano, de malvoisie et de sangiovese dont les grains sèchent durant 4 à 5 mois avant d’être placés dans de petites barriques de chêne (appelées caratelli) pendant environ cinq ans.

Siro Pacenti

Domaine fondé par Monsieur Siro Pacenti en 1970 au nord-est de Montalcino. Il faut attendre 1988 pour que les vins soient mis en bouteille avec une étiquette à son nom (quelqu’un sait à qui il vendait son raisin auparavant?). C’est aujourd’hui son fils Giancarlo Pacenti qui est à la tête des opérations.

Sept parcelles de vigne sont exploitées pour un total de vingt hectares plantés uniquement en sangiovese. Les quarante hectares restants sont occupés à moitié par des céréales et à moitié par des oliviers, dont plusieurs sont centenaires.

Environ 30% de la surface viticole est située autour de la cave, et le reste se trouve plus au sud, de l’autre côté de la colline dominée par Montalcino. Divers types de terroirs sont présents. Par exemple, Pelagrilli a un sol nu, riche en argile et en sable alors que le sol qui accueille Piancornello est riche en minéraux et composé essentiellement de roches déjà visibles en surface (et spectatrices depuis plus de deux millions d’années!).

Le domaine s’était longtemps concentré sur un Rosso et un Brunello, mais deux vins supplémentaires ont fait leur apparition récemment :

Le Siro Pacenti Rosso di Montalcino DOC est le fruit des jeunes vignes du domaine (vingt ans et moins). En 2002, le Brunello n’a pas été produit mais vendu sous l’étiquette du Rosso. Environ 30’000 bouteilles sont mises en vente environ 18 mois après les vendanges.

Le Siro Pacenti Brunello di Montalcino DOCG Pelagrilli est le Brunello d’entrée de gamme du domaine dont le premier millésime est 2006. Il est le fruit de vignes de 25 à 35 ans situées au nord du village et se veut approchable plus jeune que ses grands frères tout en offrant un solide potentiel de garde.

Le Siro Pacenti Brunello di Montalcino DOCG naît de vignes âgées de 35 ans et plus situées au nord et au sud du village. Il est ensuite vieilli deux ans en barriques françaises puis 18 mois en bouteille.

Le Siro Pacenti Brunello di Montalcino DOCG Selezione PS est tiré de la plus ancienne parcelle du domaine, plantée en 1970 et située vers la cave au nord du village de Montalcino. Il a été produit en 1990 et 1998 sous le nom Riserva et en 2001 ainsi que chaque année depuis 2004 sous son nom actuel.

Un soin particulier à été apporté au site du domaine, qui regorge de photos de toute beauté.

Castello di Volpaia

Le château de Volpaia, construit au 11ème siècle, était au cœur d’un village fortifié à la frontière entre Sienne et Florence. A l’exception de quelques tours, l’ensemble est plutôt intact et c’est donc l’un des châteaux les mieux préservés de son époque.

À travers les siècles, ses propriétaires s’adonnèrent aux arts et à la production viticole. La famille Stianti Mascheroni s’est attaché les services du fameux œnologue conseil Riccardo Cotarella.

Le vin est aujourd’hui stocké, non sans un certain humour, dans les anciennes geôles du château. Voici une présentation de la gamme :

Le Castello di Volpaia Chianti Classico voit le sangiovese completé de 10% de merlot et de syrah. Cinq vignes établies à 500 mètres d’altitude sont mises à contribution pour la création de ce vin.

Le Castello di Volpaia Chianti Classico Riserva est un sangiovese provenant des cinq mêmes vignes que le Chianti Classico. Cette réserve passe deux ans en barriques françaises et en tonneaux de chêne slovènes de 1’500 à 3’500 litres, puis elle est transférée dans des cuves inox avant la mise en bouteille, avant laquelle une légère filtration est effectuée.

Le Castello di Volpaia Coltassala est un assemblage de sangiovese et de mammolo dont le fruit vient de la vigne éponyme. Les rendements sont ici plus bas que pour les Chianti, et ce vin passe environ 18 mois dans des barriques de chêne d’Allier.

Un clone natif du château, le sangioveto di Volpaia, est utilisé en combinaison avec le cabernet sauvignon dans le Castello di Volpaia Balifico, qui tire son nom de la vigne qui le voit naître. Ce vin passe également 18 mois dans des barriques de chêne d’Allier.

Le Castello di Volpaia Vinsanto est un vin doux dont l’assemblage (trebbiano et malvoisie) provient de deux vignes au sol sableux. Les raisins sont récoltés en octobre puis suspendus dans un galetas (afin qu’ils soient affectés par tous les changements de température) jusqu’en février, lorsqu’ils sont placés dans de petits tonneaux de chêne pour débuter un vieillissement de cinq ans.

La navigation du site officiel n’est pas très claire mais met bien en évidence les parcelles donnant vie à chacun des vins.

Tassinaia 2007 (Castello del Terriccio, Toscane)

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Vin 250 – Tassinaia 2007 - Ce vin toscan est paré d’une pourpre d’une belle profondeur. Il offre un nez de fruits noirs, de cuir et de tabac accompagné de notes vanillées. L’attaque est franche et précède un vin rond et harmonieux aux tannins fins et à la finale toute en fraîcheur. Le Tassinaia 2007 est un vin bien fait, qu’il faudrait accompagner d’un repas.

Le Tassinaia du Castello del Terriccio offre un bon rapport qualité/prix et mérite un peu de repos en cave. J’ai apprécié le millésime 2006, dont la structure est fidèle à ce magnifique millésime, et le Tassinaia 2004, très mûr. Le 2003 ne m’a pas plu autant.

Tassinaia 2007

Le Difese 2010

Vin 246 – Le Difese 2010, Tenuta San Guido – Ce vin est un peu en retrait par rapports aux derniers millésimes. Il propose un nez plaisant de cerises rouges accompagné de notes florales, bien mis en valeur par le verre à vin Stölzle Exquisit Bordeaux. L’attaque est un peu dure, je trouve que ce Difese 2010 manque de matière même s’il présente un côté terreux et minéral qui n’est pas sans intérêt.

Les tannins, plutôt fins, sont suivis d’une finale un peu sèche. Vous aurez compris, j’ai préféré Le Difese 2009. La Tenuta San Guido nous a habitués à mieux avec son entrée de gamme. Je suis vraiment curieux de déguster le Guidalberto du même millésime…

Le sangiovese

Le sangiovese est le cépage italien le plus répandu (près de 10% du vignoble). Le sang de Jupiter donne des vins colorés et aromatiques à l’acidité relativement importante.

Il est issu d’un croisement naturel entre le ciliegiolo et le méconnu calabrese di Montenuovo. Ses grappes, de taille moyenne, sont composées de raisins à la peau bleutée, moyennement épaisse mais résistante.

Hors d’Italie, on trouve surtout le sangiovese en Corse, en Californie et en Argentine. Des tests sont effectués dans d’autres pays depuis peu, dont en Suisse.

Les appellations les plus célèbres à dominante de sangiovese sont Brunello di Montalcino et Chanti.

Autres noms connus:

En Italie : sangioveto, prugnolo gentile, brunello

En Corse : nielluccio

Tua Rita Perlato del Bosco 2009

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Vin 240 – Tua Rita Perlato del Bosco 2009 - Bouteille ouverte une petite heure avant la dégustation. Robe lumineuse et moyennement dense. Nez explosif de fruits rouges confits. En bouche, attaque fruitée, belle matière (le degré alcoolique relativement important (14,5) est maîtrisé). Les tannins sont soyeux et la finale est d’une longueur rare dans cette gamme de prix. Ce Tua Rita Perlato del Bosco 2009 est un beau vin, que j’ai envie de qualifier d’achat nécessaire ! A boire dans les cinq ans.

Le Tua Rita Perlato del Bosco 2009 est un assemblage de 60% sangiovese et 40% cabernet sauvignon vieilli un an en barriques. La récolte a lieu début septembre (Suvereto est en effet un des climats les plus chauds de Toscane) et environ 25’000 bouteilles sont produites par an. J’avais adoré le Perlato del Bosco 2006, plus structuré là où ce 2009 est conçu pour un plaisir immédiat.

L’Azienda Agricola Tua Rita est l’une des plus réputées de Toscane ; son célèbre Redigaffi fait partie des meilleurs merlots du monde.

C’est une belle période de découverte pour des vins toscans offrant un bon rapport qualité/prix, comme les Marchese Antinori Chianti Classico Riserva ou le Quercegobbe 2006.

Tua Rita Perlato del Bosco 2009

Marchese Antinori Chianti Classico Riserva

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Découverte de quelques millésimes du Chianti Classico Riserva de la maison Antinori:

Vin 236 – Marchese Antinori Chianti Classico Riserva 2005 – Nez expressif de mûres suivies de notes florales. Intense mais moyennement ample en bouche. Tannins souples. Longueur plaisante. Beau vin de caractère à apprécier dès maintenant!

Vin 237 – Marchese Antinori Chianti Classico Riserva 2006 – Belle robe profonde. Nez expressif de cerises noires, notes de sous-bois. Ample en bouche, la structure de ce vin est vraiment imposante. Les tannins sont présents mais pas dérangeants. Belle trame d’acidité. Il faudra patienter avant de le redécouvrir…

Vin 238 – Marchese Antinori Chianti Classico Riserva 2007 – Robe pourpre sombre. Nez plaisant de fruits noirs et de tabac. Belle matière en bouche. Tannins présents mais polis. Belle finale. Un vin séduisant!

Vin 239 – Marchese Antinori Chianti Classico Riserva 2008 – Ressemble à un mélange des trois précédents avec l’aromatique du 2005, la structure du 2006 et le fruit plaisant du 2007. Robe pourpre intense. Ce vin costaud offre un nez expressif et représentatif du sangiovese, dominé par les fruits noirs. En bouche, il est ample et riche en fruits noirs qui nous mènent jusqu’à la longue finale réglissée. L’acidité importante et les tannins marqués vont demander de la patience…

Le Marchese Antinori est un assemblage généralement composé de 90% sangiovese et de 10% cabernet sauvignon, ce dernier provenant des vignes de Tignanello, de Peppoli (au nord de l’appellation Chianti classico) et de Passignano (au sud de l’appellation Chianti classico). Le sangiovese est généralement récolté à fin septembre alors que le cabernet attend la première semaine d’octobre. La fermentation malolactique a lieu dans de petites barriques neuves. Le vin, encore séparé par provenance, est ensuite placé en barriques de chêne pour douze à quatorze mois de vieillissement avant de passer un an en bouteille avant la commercialisation.

Ils ont été servis dans des verres à vin Chef & Sommelier Universal.

J’adore les derniers millésimes de la maison Antinori – découvrez mon commentaire sur le Tignanello 2009.

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Tignanello 2009

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Vin 230 – Tignanello 2009 (Antinori) – Bouteille ouverte 90 minutes avant la dégustation. Robe pourpre, brillante, d’intensité moyenne. Nez expressif et élégant dominé par le cassis, le cuir et les épices. Boisé discret. Attaque vive en bouche, où une vague de fruits mûrs repose sur une belle structure soutenue par des tannins fins. Acidité maîtrisée qui apporte un bel équilibre à ce Tignanello 2009 dont la longue finale, gracieuse, ne déçoit pas. Un vin magnifique!

Le Tignanello 2009 est une réussite totale de la maison Antinori, tout en finesse, après le Tignanello 2008 qui m’a déçu pour le moment bien qu’il faudra en juger à nouveau une fois le vin arrivé à maturité. Dans quelques années, il sera intéressant de comparer ce 2009 avec le Tignanello 2007 qui est beaucoup plus masculin.

A noter qu’il s’agit là du premier millésime de Tignanello où le sangiovese passe de 80% à 75% au profit du cabernet sauvignon au sein d’un assemblage complété comme toujours par 5% de cabernet franc.

23.02.2012 – dégusté à nouveau, cette fois après une heure de passage en carafe Italesse Vinocchio. Cette deuxième bouteille confirme mes premières impressions: ce 2009 est un magnifique Tignanello d’une élégance rare, à préférer sans hésiter au 2008.

Tignanello 2009